La Communion qui vient -

La Communion qui vient -

18,96 €
Éditeur ‎Le Seuil (2 septembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎256 pages
ISBN-10 ‎2021472930
ISBN-13 ‎978-2021472936
Poids de l'article ‎280 g
Dimensions ‎14.2 x 1.9 x 20.5 cm
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Il y a des démarches qui doivent être saluées, des prises de position courageuses qui doivent être encouragées, des écrits qui donnent de l’espoir et même qui inspirent.

Ce livre dont je vais vous parler en fait partie.

Écrit par de jeunes catholiques, cela peut paraître paradoxal qu’il soit présenté par un libraire musulman.

Et pourtant les idées portées dans cet ouvrage pourraient l’être par de nombreux musulmans.

Je suis même convaincu que beaucoup plus de musulmans seraient susceptibles de se retrouver dans celles-ci que le public cible de nos auteurs, à savoir les catholiques.

Ces carnets politiques ont pour mérite de pointer du doigt les dérives de notre société, de la politique actuelle mais surtout d’apporter un élan positif en montrant qu’un engagement est possible, en montrant que la spiritualité peut contribuer à la dignité et la justice.

Ces carnets politiques tendent la main à ceux qui ont un cœur et qui veulent que l’amour triomphe.

Nos auteurs partent tout d’abord du constat négatif de la situation actuelle puisque pour apporter des solutions, cela suppose de partir du négatif pour arriver à du positif.

S’attaquant aux mots abstraits qui sont décrit comme autant de mensonges, à savoir la justice, la liberté, l’égalité, ils vont au fil des pages parler entre autres du capitalisme, qu’ils qualifient d’idole, ce capitalisme qu’ils accusent d’être responsable de la montée du nationalisme actuel.

Montrant l’illusion du capitalisme et sa mauvaise foi, ils analysent les maladies que ce premier et que la perte de foi engendrent, le SAV en étant au final la figure du développement personnel.

Ils pointent du doigt la surpolitisation qui a étendu son contrôle et nous a transformés en moyens et en instruments de son pouvoir, quand la foi, elle, nous appelle à la liberté et à la charité .

Cette surpolitisation qui produit un type d’homme féroce, compétitif, cynique.

Cet homme n’est pas l’homme “naturel” mais la défiguration de sa vocation.

Ce faisant, elle empêche notre foi de naître, de croître et “l’homme nouveau” d’advenir pour perturber l’ordre existant.

Ils décrivent comment dans ce contexte, la foi est invoquée comme une “consolation” et qu’une telle approche conduit à des impasses, car elle individualise à l’extrême le rapport à Dieu, détournant la foi du désir de recréer l’histoire collective.

Ils affirment de manière pertinente que 

« Celui qui détient la force n’est pas celui qui garantit l’ordre, au sens noble du terme de ce qui organise le bien commun. »

Parlant du séparatisme, thème à la mode ils rappellent que le pouvoir qui s’exerce sur nous est séparatiste dans la mesure où il individualise pour mieux dominer.

La loi “contre le séparatisme” se trompe de cible en accusant implicitement les religions d’être à l’origine de tous les maux sociaux.

L’injonction moralisante et répétée à “mieux vivre ensemble” manifeste la disparition de la délibération et de la décision collectives.

Ce pouvoir qui qualifie la religion des uns de séparatisme pour instrumentaliser la religion des autres, instrumentalisation que les auteurs illustrent par le traitement médiatique et politique de l’incendie de Notre Dame de Paris, dont la finalité est la manifestation de la flore de Dieu mais soudainement devient caution à l’unité nationale 

Insistant sur le fait que la vérité et la justice valent plus que les unités factices.

Ils rappellent l’importance de la foi dans la vie en société, une foi qui pour rayonner ne peut être cantonnée uniquement dans le privé, une foi qui doit être  porteuse d’une manière originale d’organiser la vie en commun.

Alors que l’Etat moderne, lui, n’est pas quelque chose de tangible, il est comme son nom l’indique, tout ce qui conspire à maintenir les choses dans le même “état”.

Dans un chapitre où il est question de l’islam et des préjugés au sujet des musulmans, nos trois auteurs dénoncent l’instrumentalisation de l’orientalisme qui utilise la question des chrétiens d’orient couplée d’une vision paternaliste de la charité, ils affirment courageusement que « Les paroissiens sont des étrangers, mais ses étrangers de l’intérieur. C’est pourquoi ils sont naturellement solidaires de ceux que le pouvoir constitue en “ennemis de l’intérieur”.

N’hésitant pas a qualifier l’islamophobie de dérive identitaire de la foi, ils préfèrent se réjouir de trouver des convergences théologiques dans le désir de penser la politique à partir de la foi.

Je finirai par deux extraits qui nous donnent le ton du livre:

« S’il y a bien quelque chose que la tradition nous apprend, c’est l’imposture de l’attitude consistant à prendre prétexte de la foi pour céder à la paresse intellectuelle. Prier et penser sont les deux ailes de l’intelligence.

Car la prière ne signifie pas “interruption de la pensée. »

« Détenir des richesses tend à engendrer la certitude de l’autosuffisance, et à nous faire prendre le confort pour la finalité suprême, la santé pour le salut, la jouissance pour le bonheur et finalement à tuer en nous le besoin même de Dieu. »

On a donc ici une lecture politique, spirituelle et philosophique qui nous donne les moyens de repenser le monde et l’inspiration nécessaire pour ne plus rester spectateur.

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