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Le 16 mai 1930, au palais impérial de Rabat, un jeune sultan de vingt ans, Sidi Mohammed ben Youssef — le futur roi Mohammed V —, appose son sceau au bas d’un texte de loi que lui soumet le résident général de France, Lucien Saint.
Ce dahir, bientôt connu sous le nom de « dahir berbère », est un décret technique en huit articles destiné à clarifier le statut juridique des tribus berbères du royaume, qui représentent alors plus des trois quarts d’une population vivant à plus de 90 % en zones tribales.
Aux yeux des juristes français qui l’ont élaboré, ce texte n’est guère plus qu’un dahir parmi tant d’autres, dans ce « pays des dahirs » qu’est devenu le Maroc sous protectorat.
Le 16 mai 1930, au palais impérial de Rabat, un jeune sultan de vingt ans, Sidi Mohammed ben Youssef — le futur roi Mohammed V —, appose son sceau au bas d’un texte de loi que lui soumet le résident général de France, Lucien Saint.
Ce dahir, bientôt connu sous le nom de « dahir berbère », est un décret technique en huit articles destiné à clarifier le statut juridique des tribus berbères du royaume, qui représentent alors plus des trois quarts d’une population vivant à plus de 90 % en zones tribales.
Aux yeux des juristes français qui l’ont élaboré, ce texte n’est guère plus qu’un dahir parmi tant d’autres, dans ce « pays des dahirs » qu’est devenu le Maroc sous protectorat.
Il s’inscrit dans la continuité d’une politique inaugurée par le général Lyautey dès 1914 : préserver l’autonomie judiciaire des Berbères en maintenant leur droit coutumier (orf ou izref) distinct de la Loi islamique, la charia.
Cette politique, jusqu’alors, n’avait provoqué aucune protestation : elle entérinait un état de fait séculaire. Mais en 1930, tout change.